Quel homme ce William ! le peintre de la femme, le spécialiste du nu académique, esthète à l'extrême. Sa Naissance de Vénus est emblématique, d'une peinture sensuelle profondément influencée par les vénus d'Ingres, je l'avais peinte sans succès et ai du l'effacer à grand coups de chiffon whitespirité : mon premier échec..
J'ai repeint par dessus une autre Vénus, réussie à mon goût : celle de Cabanel que j'ai relookée et dont je parlerai tout à la fin.
 
C'est avec ce genre que William Bouguereau aura le plus de succès mais rencontrera aussi le plus de critiques ; à cause de la texture lisse et minutieuse de sa peinture (tout à fait ce que j'adore !) ; d'autres prennent leur pied à mettre beaucoup de matière sur leur toile, moi j'adore lisser et fondre le plus possible. Le Maître dit que je vis dans le rêve... s'il le dit...
 
Un nouveau coup de foudre m'est tombé dessus : pour son tableau "Biblis" ... je rêverai de le voir en live mais il faudrait que j'économise pour me payer le voyage en Inde, au Salar Jung Museum. L'oeuvre n'est pas si grande que je ne l'aurai imaginé 48 cm x 79 cm "seulement". La voici :
 
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Dans ce tableau intitulé Biblis, une jeune femme est représentée dans un bois, endroit reculé et calme, au bord d'un étang ou d'un ruisseau. L'eau semble être peu profonde, un mouvement doux montant à la surface. Le sujet est nu, le teint translucide et la peau lisse, les seins de taille moyenne, la taille fine et les hanches plus larges. Elle est appuyée sur un rocher avec ses mains en fermoir, la tête appuyée sur son bras droit avec ses longs cheveux châtains gisant en vagues sur la surface de l'eau. Il y a une teinte de tristesse et de contemplation silencieuse dans cette scène, dans la posture du corps abandonné et l'expression du visage. Peut-être a-t-elle été trahie par un proche, ou peut-être elle-même a trahi. Pourrait-elle faire naufrage avec sa culpabilité ? ou s'est-elle juste posée, le temps de remettre en ordre ses pensées et refaire surface à la source de sa préoccupation. (J'ai testé la traduction en ligne Google de ce descriptif du tableau... pas évident).
 
PHOTOS DE L'EVOLUTION DE MA COPIE :
 
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C'est tout pour le moment : suite à la prochaine édition, encore 2 ou 3 séances pour la terminer. J'ai préféré poser des couleurs plus soutenues que l'original, je verrais ce que ça donne.
 
Revenons à la naissance de Vénus d'Alexandre Cabanel (peinte en 1863, soit 20 ans avant Biblis de Bouguereau) et que j'ai vu il y a quelques années au Musée d'Orsay.
Evidemment, je suis tombée en arrêt devant cette magnifique toile : le coup de foudre ! Napoléon III qui avait eu lui aussi le coup de foudre, l'avait acheté illico pour 15 000 francs lors de son exposition au Salon. La Vénus fut ensuite accrochée au palais de l'Élyséee en 1865. Puis, installée au palais de Luxembourg en 1870. Après la chute de l'empire, le tableau est réservé à l'État et figure dans les collections du musée du Luxembourg. Il entre enfin au musée du Louvre en 1923, et actuellement, il ne fait hélàs, pas partie de ma collection mais de celles du musée d'Orsay depuis 1978.
 
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Voici ce qu'Emile Zola dit de cette oeuvre en dénonçant l'ambiguïté de cette représentation : "La déesse, noyée dans un fleuve de lait, a l'air d'une délicieuse lorette, non pas en chair et en os - cela semblerait indécent - mais en une sorte de pâte d'amande blanche et rose".
 
Moi, je trouve que cette Vénus à la plastique parfaite charme et séduit sans pensées libidineuses. La déesse de l'amour, serait née de l'écume de la mer d'après la mythologie. Ce qu'on admire ici, c'est l'élégance des formes, la correction du dessin, la finesse et la fraîcheur des couleurs.

J'avais relookée la mienne en brune à la peau mate sous un ciel d'orage, il y a 8 ou 9 ans...  eh bien j'aurai mieux fait de recopier l'original oui !!  à l'heure actuelle, je ne le trouve plus top du tout.
 
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